Du 4 au 6 décembre, AIBO ART Auction dispersera à Paris 1 350 bouteilles réunies en quarante ans. Un patrimoine visuel qui raconte les comptoirs d’hier et fait écho à l’histoire des cocktails en Champagne.

Une étiquette rouge, des feuilles de cassis, un nom tracé en grandes lettres… Avant même de lire une marque, une bouteille peut réveiller un souvenir. Derrière les comptoirs, ces flacons composaient un décor familier, fait de couleurs et de silhouettes.
La collection de Bruno de Serbriant, réunie pendant quarante ans, conserve cette mémoire : 1 350 bouteilles françaises, toutes différentes, proposées aux enchères par AIBO ART Auction du 4 au 6 décembre.

Archives graphiques

L’intérêt de cet ensemble tient autant aux étiquettes qu’aux contenus. Leur qualité graphique a d’ailleurs motivé sa constitution. Typographies, illustrations de fruits, compositions et arguments publicitaires racontent les façons de séduire une clientèle. Un cassis supérieur de Dijon affiche ainsi ses baies sur un fond rouge éclatant. D’autres flacons revendiquent une origine ou promettent les bienfaits que la réclame de leur époque prêtait aux boissons.

Beaucoup datent de la première moitié du XXe siècle. Kina Lillet récolte 1950, eau-de-vie Chartreuse de 1941 ou liqueurs de fruits témoignent de cette diversité. Achetées, consommées puis jetées, ces bouteilles étaient rarement conservées. Les voici devenues des archives du quotidien, où se lisent l’histoire des marques et celle de nos habitudes.

Mémoire champenoise

En Champagne, les crèmes de fruits renvoient aussi à un rituel bien connu : le kir royal. Le kir classique associe vin blanc et crème de cassis ; sa version royale remplace le vin blanc par du champagne. Avec les variantes aux autres crèmes de fruits, ces flacons avaient leur place dans les cafés, les restaurants et les réceptions. Une petite touche de couleur dans le verre, et tout un souvenir d’apéritif revient.

À Reims, cette mémoire rappelle également l’Arrigo’s Bar, rue Buirette, jouxtant les Salons Degermann. Ce lieu dédié aux cocktails appartient à l’histoire des sorties rémoises. Son souvenir rappelle que l’art des mélanges avait déjà ses adresses bien avant que le mot « mixologie » ne se répande.

Aujourd’hui, le champagne continue d’inspirer les créations de cocktails. De nombreuses Maisons proposent ainsi des recettes associant grands classiques et compositions contemporaines, pensées pour mettre en valeur les arômes de leurs cuvées. Certaines faisant parties de Groupes internationaux, en ont encore dans leur catalogue comme la Mandarine Impériale.. Derrière les nouvelles cartes, les liqueurs de fruits et de plantes prolongent une histoire ancienne.

Ces bouteilles en gardent les images : celles des comptoirs, des marques oubliées et des lieux de convivialité. De quoi regarder autrement une étiquette, comme un petit fragment de patrimoine.

Crédits photos : AiboArtAuction


Informations pratiques

  • Vente : AIBO ART Auction, les 4, 5 et 6 décembre, à Paris.
  • Exposition publique : les 3, 4 et 5 décembre.
  • Horaires et lieu précis : à venir sur aiboartauction.com.
  • Enchères en ligne : Interenchères et Drouot Live.
  • Estimations annoncées : 50 à 100 € pour certains triples secs et liqueurs de fruits ; 500 à 1 500 € pour une sélection de lots emblématiques.



Que raconte cette collection de bouteilles ?

Elle rassemble 1 350 bouteilles françaises différentes, réunies en quarante ans par Bruno de Serbriant. Leurs étiquettes documentent le graphisme publicitaire, les marques et les usages des bistrots français.

Quelle différence entre un kir et un kir royal ?

Le kir classique associe vin blanc et crème de cassis. Le kir royal utilise du champagne à la place du vin blanc.

Quand aura lieu la vente AIBO ART AUCTION ?

Le communiqué annonce les 4, 5 et 6 décembre à Paris, avec une exposition les 3, 4 et 5 décembre. Les horaires et le lieu précis seront précisés par la maison de vente.