Cet été, une exposition art urbain à Reims investit le Cellier avec une ambition rare : faire de la Paix non pas un concept, mais une expérience visuelle et sensible. Dix artistes, 400 m², une entrée libre. DÉCLARATION s’annonce comme le rendez-vous culturel de la saison champenoise.

L’exposition art urbain à Reims a rarement porté une intention aussi forte. Depuis le 28 mai et jusqu’au 20 septembre 2026, la salle Giuseppe Nivola du Cellier devient le terrain d’expression de dix artistes spécialisés en street art. Leur mission commune : habiter l’espace, questionner le regard, et faire résonner un mot — la Paix — à travers pochoirs, fresques, installations et collages.

En cette année où la Ville de Reims célèbre la Paix, le choix du street art n’est pas anodin. C’est une discipline qui parle aux murs. Et Reims, mieux que n’importe quelle autre ville, sait ce que les murs racontent.

Carte blanche pour dix voix singulières

La force de DÉCLARATION tient d’abord dans la diversité de ses protagonistes. Dix artistes — neuf Rémois et un invité — ont reçu carte blanche pour occuper les 400 m² de la salle Giuseppe Nivola. Pas de consigne stylistique, pas de format imposé. Seulement un fil conducteur : la Paix, et ce que chacun en fait.

Céz Art compose avec la lettre et la couleur, construisant des typographies qui claquent autant qu’elles apaisent. Ememem, dont les mosaïques-pansements sont connues bien au-delà de la région, prolonge ici sa poétique de la réparation dans un lieu chargé de mémoire.

Iemza fait surgir des silhouettes là où le mur semblait vide. Kusek impose une identité graphique tranchée, entre force et ambiguïté. Levalet déroule ses personnages en noir et blanc avec cette liberté narrative qui a fait sa réputation sur les façades françaises.

De plus, LGM-1 joue avec les limites entre dessin et installation. Mat x Zekky, duo complice, produisent ensemble ce qu’aucun ne ferait seul. Manon Painteaux apporte une douceur aquarellée qui contraste avec les registres plus percutants de ses camarades. Christine Sejean tisse le texte et l’image en un dialogue mémoriel. Enfin, Anaëlle Rambaud, artiste invitée, referme le collectif avec une sensibilité affirmée et contemporaine.

Une œuvre collective pour faire parler l’Histoire

Au-delà des créations individuelles, DÉCLARATION propose une œuvre réalisée collectivement par l’ensemble des artistes. C’est une pièce à part, née de la confrontation et de la convergence de dix regards. Elle fait dialoguer art urbain et Histoire — deux univers que tout semble opposer, et qui ici se rejoignent avec évidence.

En effet, Reims porte en elle une mémoire exceptionnelle. C’est dans cette ville que se sont jouées des pages décisives de l’histoire européenne. Les réconciliations, les reconstructions, les promesses faites aux générations suivantes : tout cela s’est passé ici. DÉCLARATION s’en nourrit sans le dire explicitement — elle le montre.

Ainsi, cette exposition dépasse le cadre d’un simple événement culturel. Elle devient un acte civique, une façon de transmettre des valeurs sans les asséner. Le street art, discipline du dehors et du présent, se retrouve au service d’une mémoire longue. C’est un pari audacieux. Et il est réussi.

© Levalet

Le Cellier, le bon espace au bon moment

Choisir le Cellier pour accueillir DÉCLARATION, c’est choisir un lieu qui a déjà prouvé qu’il savait recevoir l’art sans l’étouffer. Ses volumes, sa lumière, ses pierres : tout ici dialogue naturellement avec la création contemporaine.

La salle Giuseppe Nivola offre 400 m² sans parcours fléché, sans sens de visite imposé. Chacun construit sa propre déambulation entre les œuvres. On peut revenir, s’arrêter ailleurs, voir différemment selon le moment de la journée ou la personne qu’on emmène.

Par ailleurs, la décision de proposer une entrée libre est cohérente avec l’esprit du projet. La Paix, comme l’art, ne devrait pas être conditionnelle. Cette accessibilité totale est l’un des messages les plus forts que la Ville de Reims envoie avec cette initiative.

Reims, une ville qui assume sa scène artistique

DÉCLARATION s’inscrit dans un mouvement plus large. Reims est une ville qui a appris à conjuguer patrimoine et création vivante, histoire et audace contemporaine. Elle attire des artistes, des curieux, des visiteurs qui cherchent autre chose que les circuits balisés.

Pour ceux qui découvrent la ville le temps d’un week-end, l’exposition s’intègre naturellement dans un séjour riche. Entre une visite de la cathédrale Notre-Dame, une escapade dans les caves de Champagne et une déambulation dans le centre historique, DÉCLARATION mérite une demi-journée à part entière.

Et pour les Rémois, c’est l’occasion de voir leur ville à travers dix paires d’yeux neufs — ceux d’artistes qui ont choisi de s’y exprimer, de s’y engager, d’y laisser quelque chose.

Jusqu’au 20 septembre : l’été pour y aller

L’été champenois offre mille raisons de sortir. DÉCLARATION en est une qui se distingue. Pas de billet, pas de réservation, pas de contrainte. Juste 400 m² d’art engagé, ouvert à tous, du 28 mai au 20 septembre 2026.

Le genre d’exposition qu’on visite seul un mardi après-midi, ou qu’on fait découvrir à des amis de passage. Qu’on voit une fois, et qu’on a envie de revoir.

La Paix a besoin de murs pour exister

On parle souvent de la Paix en termes abstraits. DÉCLARATION lui donne des contours, des matières, des couleurs vives et des silhouettes en noir et blanc. Elle l’installe dans un lieu, dans un temps, dans une ville qui sait ce que ce mot signifie vraiment.

Allez-y les yeux ouverts. Reims a quelque chose à vous dire cet été.

Plus d’informations

DÉCLARATION – Exposition collective d’art urbain
📅 Du jeudi 28 mai au dimanche 20 septembre 2026
📍 Le Cellier – Salle Giuseppe Nivola – Reims
🎟️ Entrée libre
🌐 Ville de Reims – culture et événements