Dans un marché du Champagne marqué par le ralentissement des ventes et la pression sur les stocks, certaines opérations techniques retrouvent une place stratégique. Parmi elles, la remise en cercle. Derrière ce terme discret se cache aujourd’hui un véritable outil d’optimisation pour les maisons et les vignerons. Gestion des volumes, préservation qualitative, gain de temps, logistique, valorisation des vins : l’enjeu dépasse largement la simple opération technique. Responsable de site Prestalyance, Cédric Cossart observe une nette reprise des demandes depuis plusieurs mois.

Un marché sous tension

« On sent clairement un redémarrage des consultations et des devis autour de la remise en cercle », explique-t-il. « Cela va du petit volume au très gros volume. » Une dynamique directement liée, selon lui, au contexte actuel du marché. Certaines cuvées n’ont pas trouvé leur débouché au rythme espéré. D’autres ne correspondent plus au positionnement qualitatif souhaité par les maisons. Dans certains cas, les stocks immobilisent aussi de la place devenue précieuse en cave.

Concrètement, la remise en cercle consiste à récupérer le vin contenu dans des bouteilles déjà élaborées, à différents stades : bouteilles capsulées, vins dosés, produits habillés ou encore stocks restés trop longtemps en entrepôt. « Cela peut concerner un problème organoleptique, une absence de rotation commerciale, mais aussi une erreur de dosage, une erreur de production ou simplement un repositionnement stratégique », détaille Cédric Cossart.

Chez Prestalyance, les bouteilles sont ouvertes via un process automatisé capable d’en traiter jusqu’à 10 000 par jour. Le vin est ensuite redirigé soit vers les cuveries des maisons pour réutilisation, soit vers la distillerie lorsque le produit ne peut plus être valorisé dans le circuit commercial.

Une opération hautement maîtrisée

Mais au-delà de cette approche dite « standard », Prestalyance développe aussi une remise en cercle qualitative sous atmosphère contrôlée au CO₂. Un dispositif particulièrement sensible lorsqu’il s’agit de préserver les qualités œnologiques du vin. « Tout se fait en circuit fermé afin de limiter au maximum les échanges avec l’air et donc les phénomènes d’oxydation », précise le responsable. Le CO₂ alimentaire injecté dans les circuits et les citernes permet de maintenir la fraîcheur aromatique et la stabilité des vins lors des manipulations.

Au fil des années, la remise en cercle est devenue une pratique parfaitement intégrée dans le paysage champenois. « Toutes les maisons le font, soit en interne, soit via des prestataires », rappelle Cédric Cossart. Pour lui, l’externalisation répond aussi à une logique d’organisation. Car ces opérations mobilisent du temps, du personnel et des contraintes techniques importantes. « Un vigneron peut le faire lui-même sur quelques centaines de bouteilles. Mais sur des volumes conséquents, cela demande une vraie maîtrise technique et beaucoup de temps. »

Un levier d’organisation pour les exploitations

Cette évolution rejoint une problématique de fond dans la filière : comment permettre aux exploitations de dégager davantage de temps pour le commercial, les marchés ou le développement ? « Nous adaptons nos cadences aux besoins des clients et à leurs process de cuverie », souligne-t-il. Une souplesse devenue essentielle dans un environnement économique plus tendu.

La traçabilité constitue également un enjeu central. Toutes les opérations sont encadrées administrativement et suivies selon des protocoles stricts. Prestalyance s’appuie notamment sur sa certification ISO 22000 et sur des infrastructures sécurisées : stockage, vidéosurveillance, contrôle des accès et suivi documentaire des lots.

Pour Cédric Cossart, cette activité devrait continuer à se développer dans les prochaines années, y compris au-delà du Champagne. Car la remise en cercle répond aussi à une logique environnementale et économique : éviter la destruction inutile de produits (vins, étiquettes, bouchons, bouteilles..), valoriser les matières et limiter le gaspillage. « Finalement, c’est aussi une manière de recycler intelligemment plutôt que de jeter », résume-t-il.

Prestalyance

Cédric Cossart,
Responsable de site Prestalyance 

Prestataire technique spécialisé dans les opérations de remise en cercle, Prestalyance accompagne les Maisons de Champagne et les vignerons du vignoble champenois avec des solutions adaptées aux enjeux de qualité, de traçabilité et de gestion des volumes.

Visiter le site internet de Prestalyance


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FAQ Remise en Cercle

Qu’est-ce que la remise en cercle en Champagne ?

La remise en cercle consiste à récupérer le vin contenu dans des bouteilles déjà élaborées afin de le réorienter vers une nouvelle valorisation, un nouvel assemblage ou une distillation selon les objectifs du producteur.

Pourquoi les maisons de Champagne réalisent-elles des remises en cercle ?

Cette opération permet notamment de gérer les stocks, d’optimiser l’espace en cave, de préserver la qualité des cuvées et de s’adapter à l’évolution du marché.

Comment préserver la qualité du vin lors d’une remise en cercle ?

Certaines opérations sont réalisées sous atmosphère contrôlée au CO₂ afin de limiter l’oxydation, préserver la fraîcheur aromatique et maintenir la stabilité du vin.

*Cet article a été réalisé en collaboration avec Prestalyance, Pôle Champagne Vitalyance et publié également dans la champagne Viticole