Arrivée chez Champagne EPC par le marketing en 2020, Clémentine Reyboubet vient d’être nommée cheffe de caves à seulement 28 ans. Un parcours singulier, nourri par la connaissance des consommateurs, la formation et quatre années de transmission aux côtés de Richard Dailly.
Il y a des trajectoires qui suivent une route toute tracée et d’autres qui se dessinent au fil d’une rencontre décisive. Celle de Clémentine Reyboubet appartient à la seconde catégorie. En 2020, lorsqu’elle pousse la porte de Champagne EPC, la jeune femme rejoint le service marketing de cette Maison fondée un an plus tôt. Son rôle consiste alors à comprendre la marque de l’intérieur, à écouter les consommateurs et à identifier ce qu’ils attendent d’un champagne.
Cette première approche, tournée vers les usages et les émotions, va progressivement la conduire vers la cave. Le vin occupait déjà une place importante dans son parcours : elle lui avait consacré deux projets de recherche durant ses études. Mais, chez EPC, raconter les cuvées ne lui suffit bientôt plus. Elle veut comprendre leur élaboration, maîtriser les choix techniques et participer pleinement à la construction des vins.
Du marketing à la cave
Clémentine Reyboubet choisit alors de reprendre le chemin de la formation. Elle obtient le niveau 3 du WSET, poursuit son apprentissage au lycée viticole d’Avize et prépare actuellement le Diplôme national d’œnologue à Reims, parallèlement à ses responsabilités professionnelles.
Ce changement de cap ne constitue pourtant pas une rupture. Sa connaissance du marketing et des attentes du public lui offre une lecture particulière du métier. Elle aborde le champagne depuis la cave, mais aussi depuis le verre de celles et ceux auxquels il est destiné. Une double culture qui s’accorde avec l’ambition d’EPC : proposer une vision contemporaine du champagne, plus lisible et plus accessible, tout en affirmant l’origine des cuvées, leurs cépages et leurs terroirs.
Quatre années de transmission
Sa nomination est l’aboutissement d’une transition préparée dans la durée. Pendant quatre ans, Clémentine Reyboubet a travaillé aux côtés de Richard Dailly, l’œnologue qui accompagne EPC depuis sa création. Assemblages, vinifications, élaboration des liqueurs de dosage et relations avec les vignerons partenaires : elle s’est formée au plus près des vins et du style de la Maison.
Richard Dailly lui a progressivement confié davantage de responsabilités, jusqu’au pilotage des deux dernières vendanges. En lui remettant aujourd’hui les clés de la cave, il conclut une transmission fondée sur la confiance, l’expérience et un apprentissage mené millésime après millésime.
Cette nomination raconte aussi une évolution plus large du monde du champagne. À 28 ans, Clémentine Reyboubet accède à une fonction encore majoritairement occupée par des profils plus âgés et souvent masculins. Champagne EPC la présente comme la plus jeune cheffe de caves d’une Maison de Champagne. Au-delà du symbole, son parcours illustre la capacité d’une nouvelle génération à conjuguer formation scientifique, compréhension des marchés et attachement au travail du vin.

Un style à construire
La mission qui s’ouvre devant elle possède une dimension rare. Fondée en 2019 par Camille Gilardi Jullien, Édouard Roy et Jérôme Queige, EPC ne lui confie pas un style figé par plusieurs siècles d’histoire. Elle lui donne la responsabilité de contribuer à l’écrire pour les décennies à venir.
« Ma plus grande chance est que je ne reprends pas un style maison établi, j’ai la responsabilité fascinante de le construire », explique-t-elle dans le message publié sur LinkedIn pour annoncer sa nomination.
Sa philosophie repose sur une conviction : le vin est d’abord une histoire d’émotion avant d’être une affaire de technique. Cette passionnée de cuisine et de salsa recherche une expérience à partager, sans renoncer à la précision nécessaire à l’élaboration du champagne. Elle souhaite ainsi privilégier des vinifications douces, capables de laisser s’exprimer les terroirs, tout en s’appuyant sur un outil technologique conçu à sa mesure : un logiciel de cuverie entièrement développé par ses soins.
Ce dialogue entre sensibilité et précision pourrait bien devenir l’un des marqueurs de sa signature. Car il ne s’agit pas, pour la nouvelle cheffe de caves, de rompre avec les fondations posées depuis 2019. Il lui revient désormais de les approfondir, d’affiner la cohérence des cuvées et de donner au style EPC une identité reconnaissable dans le temps.
En remerciant les fondateurs de la Maison pour leur confiance et Richard Dailly pour la richesse de sa transmission, Clémentine Reyboubet mesure le chemin parcouru depuis son arrivée au marketing. Six ans plus tard, elle ne se contente plus de raconter les champagnes EPC : elle va désormais les façonner.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Crédits Photos : site internet EPC
Visiter le site internet du Champagne EPC

Qui est Clémentine Reyboubet ?
Clémentine Reyboubet est la nouvelle cheffe de caves de Champagne EPC. Entrée dans la Maison en 2020 au service marketing, elle s’est ensuite formée à la viticulture et à l’œnologie avant de prendre la responsabilité des caves à 28 ans.
Quel est son parcours chez Champagne EPC ?
Après une première expérience dans le marketing, elle a travaillé durant quatre ans aux côtés de l’œnologue Richard Dailly sur les assemblages, les liqueurs de dosage, les vinifications et le suivi des vignerons partenaires. Elle a également piloté les deux dernières vendanges.
Quelle vision souhaite-t-elle donner aux champagnes EPC ?
Elle veut construire un style fondé sur des vinifications douces, l’expression des terroirs, la précision technique et l’émotion procurée par le vin.
