À Ambonnay, la Champagne fait pousser la biodiversité

À Ambonnay, au cœur de la Montagne de Reims, un ancien site dégradé connaît une nouvelle destinée. Là où s’accumulaient autrefois des matériaux de craie, la Champagne fait aujourd’hui émerger un espace pensé pour le vivant. Prairie fleurie, haies, arbres et cheminements redessinent désormais ce paysage viticole avec une ambition claire : recréer des continuités écologiques durables au sein du territoire champenois.

Cette « Parcelle de biodiversité », inaugurée le 20 mai 2026 à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, illustre la volonté de plusieurs acteurs de la Champagne de transformer des engagements environnementaux en réalisations concrètes. Le projet est porté conjointement par la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne, le Comité Champagne et la Maison Perrier-Jouët.

Sur cette parcelle de 1,4 hectare située à l’entrée sud d’Ambonnay, le chantier a été conçu dans une logique de restauration écologique et de sobriété environnementale. Les matériaux présents sur place ont notamment été réemployés afin de limiter les transports et de réduire l’empreinte carbone des travaux. Une clôture en chêne issu de la Montagne de Reims vient également structurer ce nouvel espace naturel.

Une mosaïque vivante

Au-delà de l’aspect paysager, le site a été imaginé comme une véritable « mosaïque d’habitats ». Toutes les essences végétales utilisées sont locales et labellisées « végétal local », afin de favoriser une adaptation naturelle au territoire champenois. Cette approche permet de renforcer les continuités écologiques entre la Montagne de Reims et la vallée de la Marne.

Le projet repose également sur une mobilisation collective importante. L’Association Foncière d’Ambonnay, le Parc naturel régional de la Montagne de Reims, le Comité Champagne, la Région Grand Est, le Pays d’Épernay, la Maison Krug ou encore Perrier-Jouët ont participé à cette dynamique partenariale.

Pour David Chatillon, président de l’Union des Maisons de Champagne et coprésident du Comité Champagne, cette initiative reflète « la capacité de la filière champenoise à se rassembler autour d’objectifs communs ». Maxime Toubart rappelle de son côté que ce projet s’inscrit dans le plan Biodiversité engagé par l’interprofession depuis les années 2000 afin de développer réservoirs et corridors écologiques à travers le vignoble champenois.

Un appel à projets relancé

Cette réalisation s’inscrit dans une démarche plus large lancée en 2023 autour d’un appel à projets biodiversité porté par la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne, le Comité Champagne et la Maison Perrier-Jouët. L’objectif : accompagner des aménagements écologiques et des actions de sensibilisation face aux enjeux climatiques et à la préservation des écosystèmes.

Depuis son lancement, près de vingt projets ont déjà été soutenus en Champagne : plantations de haies, restauration de zones humides, lutte contre les espèces invasives ou encore initiatives pédagogiques. Fort de cet engouement, le dispositif est désormais reconduit pour la période 2026-2027. Les candidatures resteront ouvertes jusqu’à fin octobre 2026.

Au-delà du symbole, cette parcelle d’Ambonnay rappelle que la préservation des paysages champenois passe aussi par des actions visibles sur le terrain. Dans un territoire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015, la biodiversité devient peu à peu un élément structurant du paysage viticole de demain.

Une dynamique qui dépasse le seul vignoble

Le projet d’Ambonnay s’inscrit dans une vision plus large portée par la Maison Perrier-Jouët et la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne autour de l’appel à projets « Actions locales pour la biodiversité ». Reconduit pour la quatrième année consécutive, ce dispositif accompagne financièrement des initiatives menées à l’échelle de toute l’AOC Champagne.

L’objectif affiché est clair : recréer une véritable mosaïque d’habitats favorables au vivant, en intégrant aussi bien le vignoble que les plaines agricoles, les zones forestières, les espaces bâtis ou encore les milieux humides.

Concrètement, les projets soutenus peuvent prendre différentes formes : plantations de haies ou de vergers dans les vignes, bandes fleuries le long des chemins, restauration de mares, création de lisières forestières, aménagements autour des hangars agricoles ou encore préservation de zones humides à fort enjeu écologique.

Depuis son lancement, près de vingt projets ont déjà vu le jour à travers la Champagne, notamment à Ambonnay, Mutigny, Vertus, Chouilly, Fontaine-sur-Aÿ ou encore Mareuil-sur-Aÿ. La carte présentée dans le dossier illustre cette volonté de mailler progressivement le territoire champenois d’initiatives locales favorisant les corridors écologiques et la biodiversité.

Un appel ouvert aux acteurs du territoire

L’appel à projets s’adresse aussi bien aux entreprises qu’aux associations, communes ou particuliers. Les dossiers sont étudiés selon plusieurs critères : impact environnemental, implication locale, durabilité des aménagements et entretien à long terme.

Les candidatures pour l’édition 2026 devront être déposées avant le 31 octobre. Une manière, pour les porteurs de projets, de participer concrètement à l’évolution des paysages champenois dans un contexte où biodiversité, adaptation climatique et préservation des terroirs deviennent des enjeux majeurs pour la filière.

Plus d’informations

Voir le site de la Mission Coteaux, Maisons et caves de Champagne au Patrimoine mondial de l’Unesco