Quand le cirque retrouve sa ville de cœur

Il suffit parfois de lever les yeux pour comprendre que quelque chose se prépare. Une silhouette familière se dessine, les mâts s’élèvent, les toiles se tendent… et avec elles, une certaine idée du spectacle reprend sa place à Reims.

Fin mai, le Cirque Arlette Gruss revient et, comme chaque année, transforme l’espace en une scène vivante. Mais ici, plus qu’ailleurs, cette installation a une résonance particulière. Car Reims n’est pas une étape comme les autres. C’est une ville de cœur.

L’histoire entre la famille Gruss et Reims remonte à plus de 70 ans. Dès les années 1950, bien avant la création du cirque tel qu’on le connaît aujourd’hui, la famille — originaire d’Alsace — posait ses caravanes dans la cité rémoise. Sur la place du Boulingrin, les tournées prenaient leur élan. Le célèbre Radio-Circus y installait son chapiteau dès le printemps, notamment en mars 1950, une date encore présente dans la mémoire locale.

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Une fidélité construite au fil des générations

Ce lien ne s’est jamais interrompu. Il s’est même renforcé en 1985, lorsque Arlette Gruss, avec son mari, fonde son propre cirque. Là encore, Reims accompagne cette nouvelle aventure. Année après année, la troupe y revient, fidèle à ce point d’ancrage qui a vu naître et grandir son histoire.

Ce que l’on retrouve aujourd’hui sous le chapiteau dépasse le simple spectacle. Il y a une forme de continuité, une relation construite dans le temps, entre une famille d’artistes et un public qui les suit depuis plusieurs générations.

À Reims, le cirque n’est pas seulement de passage. Il retrouve un territoire qui fait partie de son identité.

Une création pensée comme une respiration

Avec “Parenthèse”, la famille Gruss signe une création qui assume pleinement son intention : proposer une coupure dans le rythme du quotidien. Une manière d’ouvrir une brèche, le temps d’une soirée, et de déplacer le regard.

Comme le résume la troupe, ce spectacle est conçu comme « une occasion de respirer, de rêver et de s’amuser » .

Dès l’entrée sous le chapiteau, l’attention se recentre. Le bruit extérieur s’efface progressivement pour laisser place à une autre dynamique, portée par la piste.

On vous livre les 1ères images du spectacle  » Parenthèse » (c) Cirque Arlette Gruss


Une écriture de piste précise et rythmée

Ce qui frappe, dès les premières minutes, c’est la maîtrise. Le spectacle avance avec justesse, alternant tension, relâchement et surprise.

Les artistes enchaînent les performances avec une précision remarquable :
les envolées collectives de la Compañia Havana, les équilibres millimétrés, les séquences aériennes, ou encore les interventions de Francesco Fratellini, qui viennent apporter rythme et respiration.

La dimension équestre, signature de la famille Gruss, structure l’ensemble avec élégance, tandis que des moments plus intenses, comme le Globe of Speed, marquent les esprits par leur puissance.

La richesse du spectacle tient aussi à la diversité et à la singularité de ses artistes. Parmi les moments marquants, la suspension capillaire de Darya Sharamet impressionne par sa maîtrise et la tension qu’elle installe, où la précision du geste se mêle à une véritable dimension esthétique. Dans un registre différent, Arzuman propose des équilibres sur plateforme construits autour d’un fil narratif original : celui d’un livre qui le guide face au monde moderne. Une performance à la fois technique et symbolique, où chaque mouvement semble répondre à une page qui se tourne. A

utour d’eux, d’autres artistes viennent enrichir cette écriture de piste : les envolées collectives de la Compañia Havana, les performances rythmées à la corde de Toa Hattori, les interventions aussi précises que décalées de Francesco Fratellini, ou encore la complicité en piste d’Alexis et Eros Gruss. Autant d’univers qui se croisent et composent un spectacle dense, structuré et résolument vivant.

Chaque tableau s’inscrit dans une progression claire, sans rupture, avec une vraie lisibilité pour le spectateur.

Une expérience pensée dans sa globalité

Au Cirque Arlette Gruss, l’expérience dépasse la seule performance. Elle se construit dans les détails.

Lumières, musique, transitions : tout est pensé pour accompagner le regard et donner du rythme. Monsieur Loyal joue un rôle central, assurant le lien entre les différents tableaux et structurant l’ensemble.

Cette approche transforme la succession de numéros en une véritable narration visuelle.

Retrouver le plaisir du spectacle

Aller au cirque, c’est accepter de se laisser porter. Regarder, réagir, partager. Sans filtre, dans une proximité directe avec les artistes.

À Reims, le retour du Cirque Arlette Gruss s’inscrit naturellement dans le calendrier. Une sortie à vivre en famille, entre amis, ou simplement pour renouer avec le spectacle vivant.

Parce qu’ici, plus qu’ailleurs, franchir l’entrée du chapiteau, c’est aussi retrouver une histoire.

Plus d’informations & Réservations

Dates : Du 14 au 17 mai
Lieu : Chaussée Bocquaine – Stade Auguste Delaune – 51100 Reims
Durée du spectacle : 2 heures

Réservez sans tarder vos places au Cirque Arlette Gruss à Reims