Reims : Confidentiel ! Dans le sous-sol de la butte Saint-Nicaise, les Caves du Champagne Charles Heidsieck

A Reims, la butte Saint-Nicaise a vu de nombreuses Maisons de Champagne y élire domicile. Non pas parce que les vignes poussent mieux la-bas, mais particulièrement pour son sous-sol qui regorge de nombreuses crayères.
Redécouvertes pendant le moyen âge, servant également d’abris pendant la Grande guerre, les Romains en avaient creusé près de 300. Charles Heidsieck en 1867, en a racheté 47 pour y élaborer et stocker ses vins. Avec un taux d’hygrométrie de 90% et une température constante autour de 11 degrés, ces crayères offrent toutes les qualités requises pour l’accomplissement des vins de Champagne.

« Prendre son temps », c’est un des leitmotiv de la Maison Charles Heidsieck. Redécouvrir ce temps précieux, dans l’élaboration des vins de Champagne pour en obtenir sa quintessence. L’éphémèrité du moment de dégustation qui doit quant à lui laisser son empreinte, tout comme le bonheur et la tradition de transmettre, entre oenologues, le savoir-faire et la typicité des vins de la Maison.

Les Rémois boivent du « Charles« , comme ils disent, non pas par snobisme mais parce que « c’est une valeur sûre et on est jamais déçu(e)s ! » Cyril Brun, chef de caves de la Maison est le garant du respect de cette tradition. « Les vins que j’élabore aujourd’hui sont également le fruit du travail et des sélections de mes prédécesseurs ». Il s’évertue à respecter le style « Charles », intemporel mais empreint de finesse et d’élégance, tout en leur rendant hommage.

Précurseur, Charles Heidsieck à 29 ans fut le 1er champenois à se rendre sur le territoire américain pour y commercialiser ses vins en 1852. Le succès fut tel qu’il en commercialisa jusque 300 000 cols. Il tomba d’ailleurs amoureux de la Louisiane. L’époque tumultueuse outre-atlantique, du fait de la guerre de sécession, avec à sa tête le général Butler qui n’aimait pas les français, le vit emprisonné jusqu’en 1860. Date à laquelle, libéré grâce à l’intervention du Président Lincoln, il revint en France, fauché ayant subit les affres de son importateur frauduleux qui avait mis la main sur son stock.

La solidarité à l’époque des maisons et familles champenoises lui permis de continuer l’élaboration et la commercialisation de ses vins, et qui plus est de récupérer une contre-partie financière en « équivalent terrain » du préjudice subi aux US (il s’est vu dédommagé de terrains représentant 1/3 de la ville de Denver, qu’il a par la suite revendu), et enfin d’acheter ces fameuses Crayères en 1867.

En hommage, par respect ou tradition, chacun de ses descendants se prénommera « Charles » jusqu’en 1985. Peut-être certain(e) d’entre vous se souviendront du fameux film « Champagne Charlie » un film réalisé par Allan Eastman en 1989, avec Hugh Grant , véritable Biopic de Charles Heidsieck et de son succès aux USA.

Belle endormie, “Sleeping Beauty” du temps de l’époque Remi Cointreau de 1985 à 2011, la maison produira 300 000 bouteilles. Dès lors, bénéficiant d’une belle quantité de vins de réserve, Cyril Brun peut « s’amuser » à perpétuer des vins de qualité qui firent (et font) le renom de la marque, la plaçant sur l’échiquier des grandes maisons comme Bollinger, Billecart-Salmon ou Ruinart, et produire un peu plus de 1,3 millions de bouteilles.

La dernière cuvée, le Blanc des Millénaires 2007 vient d’être mise sur le marché, et pour le scoop du jour, une cuvée « Charlie » en hommage aux 200 ans de la Maison verra le jour !

La visite des caves n’est malheureusement pas ouverte au grand public (pour des raisons de normes sécuritaires, de structure et d’accès).

Plus d’informations sur la maison et ses cuvées :

https://charlesheidsieck.com/fr

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