À l’occasion d’une rencontre avec ses partenaires restaurateurs et cavistes locaux, le Champagne Gosset a livré ses premières impressions sur la vendange 2026. Après le soutirage des vins, Odilon de Varine avance une comparaison aussi rare que prometteuse : « Cela ressemble au millésime 1959. »

Le calendrier avait quelque chose de symbolique. Ce lundi 7 septembre 2026, alors que la Maison Gosset recevait plusieurs de ses partenaires restaurateurs et cavistes de la région, les vins issus de la vendange venaient également d’être soutirés. Une première étape importante, menée sous la responsabilité de Pierre de Caffarelli, responsable Œnologie, qui permet de commencer à mieux cerner le profil de l’année.

Quelques semaines plus tôt, Odilon de Varine, directeur général et chef de caves du Champagne Gosset, décrivait cette vendange en trois mots : « inhabituelle, intéressante et prometteuse ». Il appelait toutefois à la prudence, les fermentations n’étant alors pas totalement achevées. Le soutirage apporte aujourd’hui de nouveaux repères.

Et l’un d’eux retient particulièrement l’attention : « Cela ressemble au millésime 1959 », confie Odilon de Varine.

L’écho de 1959

Comparer une vendange naissante à 1959 n’est pas anodin. Cette référence renvoie à une année restée dans la mémoire champenoise pour la maturité de ses raisins et la personnalité de ses vins. Il ne s’agit naturellement pas d’annoncer, à ce stade, un millésime équivalent. Les vins de 2026 sont encore au commencement de leur parcours et devront confirmer leurs qualités au fil des dégustations, des assemblages et du temps.

La comparaison livre néanmoins une première indication sur la nature des vins observés après soutirage. La vendange 2026 s’était distinguée par sa précocité, mais également par une progression très rapide de la maturité. Dès la fin du mois de juillet et le début du mois d’août, certains raisins avaient gagné jusqu’à trois degrés en une semaine.

Les moûts rentrés chez Gosset présentaient ainsi des degrés compris entre 10,5 et 14. Derrière cette amplitude, la Maison avait toutefois constaté une relative homogénéité de l’acidité. Les épisodes caniculaires avaient favorisé une dégradation des acides dans les baies sur une grande partie du vignoble, dessinant des équilibres très différents de ceux rencontrés lors d’une année classique.

Préserver le style Gosset

Pour la Maison, l’enjeu dépasse la seule qualité de la récolte. Il consiste avant tout à préserver une identité construite dans la durée. Gosset se distingue notamment par l’absence de fermentation malolactique, un choix destiné à conserver la fraîcheur, la tension et la capacité de vieillissement de ses vins.

Or, certains jus de 2026, marqués par des degrés élevés et une acidité plus faible, pourraient difficilement entrer dans les assemblages habituels sans modifier cet équilibre. Dès les premières analyses, des lots ont donc été isolés dans de petites cuves de 20, 40 ou 60 hectolitres.

« L’idée d’une marque, c’est la constance et la continuité du goût », rappelle Odilon de Varine. La récolte ne devrait donc pas être intégralement destinée à l’élaboration de vins effervescents. Certains vins pourront rejoindre les réserves de la Maison ; d’autres pourraient ouvrir la voie à des Coteaux Champenois.

Aucune décision définitive n’est prise. Chez Gosset, les analyses orientent le travail, mais elles ne remplacent jamais l’appréciation du vin. « Le juge de paix, c’est toujours la dégustation », insiste le chef de caves.

Des Coteaux Champenois possibles

L’hypothèse des Coteaux Champenois trouve un écho particulier chez Gosset. Fondée à Aÿ en 1584, bien avant l’essor des vins effervescents, la Maison élaborait à l’origine des vins tranquilles. La vendange 2026 pourrait ainsi renouer, sous une forme contemporaine, avec une part de son histoire.

Pour Odilon de Varine, il ne s’agit pourtant ni d’un retour nostalgique ni d’une nouvelle orientation commerciale. « C’est le vin qui décide », résume-t-il. Gosset n’a pas vocation à produire des Coteaux Champenois chaque année, mais uniquement lorsque la nature offre les équilibres nécessaires.

Les vins retenus devront posséder suffisamment de profondeur pour s’exprimer sans la bulle. Pour les blancs, le fractionnement propre au pressurage champenois – avec la séparation de la cuvée et de la taille – pourrait également apporter une pureté particulière aux jus.

La maturité de 2026 ouvre donc un champ des possibles, sans rien remettre en cause de la priorité de la Maison : élaborer des champagnes fidèles au style Gosset. Les vins atypiques pourraient devenir autre chose, à condition de trouver leur équilibre et leur propre expression.

Le temps des confirmations

La rencontre organisée avec les partenaires restaurateurs et cavistes locaux a permis de partager ces premières observations au plus près du terrain. Restaurateurs, hôteliers et professionnels du vin constituent en effet des relais essentiels pour faire comprendre le travail d’une Maison, expliquer les choix de vinification et transmettre la singularité d’une année.

La vendange 2026 n’a pas encore livré toutes ses réponses. Les prochaines dégustations permettront d’affiner la sélection des lots, d’imaginer leur destination et de mesurer la pertinence de ce rapprochement avec 1959.

Chez Gosset, la prudence demeure donc de mise. Mais lorsque l’un des millésimes les plus marquants du XXe siècle apparaît dès les premiers commentaires après soutirage, l’année mérite assurément d’être suivie avec attention.

Infos pratiques

Champagne Gosset
12, rue Godart-Roger
51200 Épernay
www.champagne-gosset.com

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Art de Vivre à la Champenoise, le 1er magazine positif Actus & Lifestyle en ligne en Champagne

Maison Gosset vue drone
(c) IIA

FAQ Champagne Gosset

Pourquoi la vendange 2026 est-elle particulière chez Gosset ?

Elle associe des maturités élevées, une forte amplitude des degrés et une acidité relativement homogène. Après soutirage, son profil rappelle à Odilon de Varine celui du millésime 1959.

Gosset produira-t-il des Coteaux Champenois en 2026 ?

Cette possibilité est étudiée pour certains vins atypiques qui ne correspondraient pas au style des champagnes de la Maison. La décision dépendra des prochaines dégustations.

Quel est le rôle de Pierre de Caffarelli chez Gosset ?

Pierre de Caffarelli est responsable Œnologie. Il supervise notamment le suivi technique des vins et les opérations conduites après les fermentations.