Il existe des lieux à l’intérieur desquels les murs cachent des histoires familiales, des souvenirs accumulés au fil des générations et une part d’invisible que l’on ne découvre que rarement. À Reims, l’Hôtel Particulier de la Maison Louis Roederer appartient à cette catégorie de lieux confidentiels dont l’accès demeure habituellement réservé à quelques privilégiés.

À l’occasion de son 250e anniversaire, la célèbre Maison de Champagne a choisi d’ouvrir exceptionnellement les portes de cette demeure emblématique les 27 et 28 juin prochains. Une ouverture rare qui s’accompagne d’une proposition artistique à la hauteur de l’événement : une installation immersive inédite imaginée par l’artiste sud-africaine et italienne Bianca Bondi.

Entre patrimoine, création contemporaine et dialogue avec le vivant, cette rencontre apparaît comme l’un des premiers temps forts d’une année anniversaire placée sous une signature aussi simple qu’inspirante : « Créer, c’est aimer ».

Un anniversaire qui célèbre autant l’avenir que l’héritage

Fondée en 1776, Louis Roederer figure aujourd’hui parmi les dernières grandes Maisons de Champagne demeurées familiales et indépendantes. Depuis près de deux siècles et demi, son histoire s’écrit à Reims, au rythme des saisons, des vendanges et d’une relation particulière entretenue avec ses terroirs.

Plus qu’une célébration du passé, cet anniversaire se veut une réflexion sur ce qui permet à une maison de traverser les siècles : la transmission, l’innovation, l’attention portée au vivant et la capacité à se réinventer sans jamais renier ses racines.

Dans ce contexte, le choix de Bianca Bondi ne doit rien au hasard.

L’artiste développe depuis plusieurs années une œuvre profondément liée à la notion de transformation. Son travail explore la manière dont le temps agit sur la matière, comment les éléments naturels modifient les objets et comment les lieux conservent les traces de ce qui les a traversés.

Des thématiques qui résonnent naturellement avec l’univers du champagne.

Bianca Bondi, l’art de révéler les métamorphoses invisibles

Née en Afrique du Sud d’origines italiennes, Bianca Bondi s’est imposée ces dernières années comme l’une des figures singulières de la scène artistique contemporaine européenne.

Diplômée de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg puis de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, elle développe une pratique multidisciplinaire qui brouille les frontières entre sculpture, installation, architecture et expérimentation scientifique.

Au cœur de son travail, un matériau revient régulièrement : le sel.

Cristallisations, oxydations, évaporations, réactions chimiques naturelles… L’artiste utilise des phénomènes que l’on observe habituellement dans la nature pour transformer progressivement les espaces qu’elle investit.

Ses œuvres ne sont jamais totalement figées. Elles évoluent, vieillissent, se modifient. Elles semblent parfois poursuivre leur existence en dehors du regard du visiteur. Cette fascination pour les cycles naturels nourrit une démarche où se rencontrent écologie, mémoire des lieux, croyances populaires et sciences naturelles.

Loin d’une approche spectaculaire, Bianca Bondi invite à ralentir. À observer ce qui se transforme lentement. À percevoir ce qui échappe généralement à notre attention. Une philosophie qui trouve un écho particulier dans l’univers champenois où le temps demeure l’un des ingrédients essentiels de toute création.

Oeuvre de bianco Bondi photographie Kenryou Gu

Crédits Photos : Bianca bondi par Kenryou Gu

Un dialogue naturel avec l’esprit Louis Roederer

Depuis plusieurs années, Louis Roederer affirme son engagement en faveur de la création contemporaine à travers sa fondation d’entreprise et différents partenariats culturels.

La rencontre avec Bianca Bondi est née dans le cadre du compagnonnage noué entre la Fondation Louis Roederer et la Villa Médicis à Rome, où l’artiste était pensionnaire en 2024-2025.

Très rapidement, un dialogue s’est installé. D’un côté, une artiste qui travaille sur la lente transformation de la matière. De l’autre, une Maison qui cultive depuis 250 ans une relation intime avec le temps, les paysages et les équilibres naturels.

Tous deux partagent également une même fidélité à la durée. Une conviction que les projets les plus ambitieux se construisent patiemment, dans l’observation et l’écoute. Cette proximité de sensibilité explique sans doute la cohérence de cette collaboration.

L’Hôtel Particulier Louis Roederer comme terrain d’exploration

Pour cette création inédite, Bianca Bondi investit l’ensemble de l’Hôtel Particulier familial.

L’installation se déploiera du sol au plafond et transformera les espaces en un vaste paysage organique où se mêleront matières naturelles, interventions artistiques et phénomènes de mutation.

La Maison évoque un univers de réensauvagement, de cristallisation du temps et de métamorphose permanente. Le choix du lieu renforce considérablement la portée du projet. Car l’Hôtel Particulier traverse lui-même une période de transition.

Après cette ouverture exceptionnelle au public, le bâtiment entamera une importante campagne de rénovation destinée à lui offrir une nouvelle vie. L’œuvre de Bianca Bondi apparaît ainsi comme une forme de passage symbolique entre deux époques.

Une manière d’accompagner la transformation du lieu tout en révélant sa mémoire.

Quand les lieux racontent leur propre histoire

L’une des forces du travail de Bianca Bondi réside dans sa capacité à dialoguer avec les espaces qu’elle investit. Ses installations sont rarement transposables d’un lieu à l’autre. Elles naissent de l’architecture existante, de l’histoire des bâtiments, des matériaux présents et parfois même des récits associés aux lieux.

À Reims, cette dimension prend une importance particulière. L’Hôtel Particulier Louis Roederer n’est pas seulement un décor prestigieux. Il constitue l’un des témoins silencieux de l’histoire familiale de la Maison.

Les murs ont vu défiler plusieurs générations. Ils ont accompagné l’évolution d’une entreprise devenue l’une des références mondiales du champagne. En investissant cet espace, l’artiste ne cherche pas à effacer cette mémoire. Elle la révèle autrement.

Elle crée des correspondances entre le passé et le présent, entre ce qui demeure et ce qui se transforme.

Une expérience sensorielle plus qu’une exposition

Parler d’exposition serait probablement réducteur. Les visiteurs ne découvriront pas une succession d’œuvres accrochées aux murs mais un environnement complet dans lequel ils seront invités à circuler. Les installations de Bianca Bondi mobilisent généralement plusieurs sens à la fois.

La lumière, les textures, les volumes, parfois même les odeurs participent à la construction de l’expérience. Le spectateur devient alors acteur de sa visite. Il ne regarde plus simplement une œuvre. Il la traverse.

Cette dimension immersive s’inscrit parfaitement dans les nouvelles formes de médiation culturelle qui privilégient l’expérience vécue à la contemplation distante.

Une vision contemporaine du patrimoine champenois

La Champagne possède un patrimoine exceptionnel. Longtemps, sa mise en valeur s’est principalement appuyée sur son histoire, son architecture ou son savoir-faire viticole.

Aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs choisissent d’y associer la création contemporaine afin d’offrir de nouveaux regards sur ces héritages. L’initiative portée par Louis Roederer s’inscrit pleinement dans cette dynamique.

Elle démontre qu’un lieu historique peut devenir un espace d’expérimentation artistique sans perdre son identité. Mieux encore, l’art contemporain devient ici un outil permettant de révéler autrement la richesse patrimoniale du territoire.

Cette approche contribue à faire de Reims une destination culturelle toujours plus attractive, où patrimoine et création dialoguent avec naturel.

Un rendez-vous rare à ne pas manquer

Présentée uniquement durant deux journées, cette installation constitue une occasion exceptionnelle de découvrir un lieu habituellement inaccessible.

Elle permet également d’approcher le travail d’une artiste dont la reconnaissance internationale ne cesse de grandir et dont les œuvres sont régulièrement présentées dans des institutions prestigieuses en Europe et à l’étranger.

Pour les amateurs d’art contemporain, les passionnés de patrimoine ou simplement les curieux en quête d’expériences inédites, ce rendez-vous promet une immersion singulière dans un univers où le temps, la matière et la mémoire deviennent les véritables protagonistes.

À travers cette collaboration, Louis Roederer rappelle qu’après 250 ans d’histoire, l’acte de créer demeure sans doute l’une des plus belles façons de préparer l’avenir.

Informations pratiques

Installation immersive de Bianca Bondi

Lieu : Hôtel Particulier Louis Roederer, Reims
Dates : samedi 27 et dimanche 28 juin 2026
Accès : gratuit sur inscription préalable

Ouverture exceptionnelle avant fermeture du bâtiment pour rénovation

Plus d’informations et réservations : Maison Louis Roederer

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